Alcaly Ben Mohamed Diouf, expert en marketing et communication politique: ‘ Verser des larmes, c’est la marque des grands hommes’


Rédigé le Vendredi 29 Mars 2013 à 13:03 | Lu 891 fois | 1 commentaire(s)


Il a assuré le marketing politique de la communication politique de plusieurs autorités nationales et internationales, dont Alpha Condé (Guinee) et feu Ange Patassé ( Rca), lui c’est Alcaly Ben Mohamed Diouf, expert et enseignant en marketing et communication politique. Dans l’entretien qu’il a accordé au Populaire, il l’explique les larmes d’Idrissa Seck et se prononce, entre autres questions sur la communication du régime, un an après son installation.


Alcaly Ben Mohamed Diouf, expert en marketing et communication politique: ‘ Verser des larmes, c’est la marque des grands hommes’
Récemment Idrissa Seck a versé de chaudes larmes. Comment analysez-vous ces larmes ?
Verser des larmes, c’est la marque des grands hommes. Obama a eu à verser des larmes en plein meeting,  juste après le décès de sa grand-mère. Il a aussi eu à le faire, alors que c’était un grand moment de joie. Lorsqu’il est retourné après sa victoire en 2012 a son QG de campagne, face à des jeunes de 20 ans, 25 ans qui ont trimé sur le terrain. En ce qui concerne Idy, lorsque l’adrénaline a commencé à monter, que ses yeux étaient embues de larmes, ses yeux commençaient à devenir rouges. Il devait certainement faire un flash-back, parce qu’il parlait de ses amis et du jugement erroné sur sa distance de sécurité. . Ce jour-là, il a cité quelques-uns de ses amis dont Sidy Kounta. Il a cité ceux qui ont supporté, qui ont endure les services du régime passé d’Abdoulaye Wade dont Vieux Sandiery. Je pense qu’en bon croyant musulman pratiquant, il a dû revoir ce souvenir de cette sortie de prison de Vieux Sandiery qui a versé de chaudes larmes en récitant des versets du Coran. Il n’y a peut-être pas une culpabilité mais il a dû se dire qu’on a fait subir quelque chose à ces gens-là, et par ricochet, ils se sont retrouvés en prison par fidélité. Et cela a dû lui faire de la peine. Cela démontre très bien qu’il respecte tout le monde. Je pense que personne ne me contredira. Il est foncièrement croyant. Il a eu à le démontrer, et à le dire et redire. Personne ne pourra douter de sa bonne foi. J’ai eu à entendre une de ses interviews ou il disait la chose pour laquelle personne ne saura jamais le prendre à défaut. C’est qu’on ne le verra jamais avec une femme autre que Ndeye Penda, son épouse et on ne le verra jamais face à un verre d’alcool.

Mais politiquement, quelle signification donner à ces larmes ?
Ses détracteurs diront que, c’est de la comédie. Mais je ne pense pas qu’on soit capable de verser des larmes avec des soubresauts, comme cela a été le cas en jouant de la comédie. Je ne suis pas le porte-parole de tous les sénégalais, mais je dirais personnellement que je suis sûr et certains que ce sont des larmes sincères qui surgissent des tripes.

Mais ces larmes peuvent-elles lui apporter quelque chose dans son avenir politique ?
Non, A froid, je dis non. A chaud je redis non, parce que les larmes ne donnent pas ce capital de confiance. Dans notre métier, le marketing politique, on classifie les politiciens. C’est-à-dire, vous avez des besogneux, les rampants etc. Et Idrissa Seck est le premier de la classe, c’est quelqu’un de super intelligent, sa communication est parfaite. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne fait pas d’erreur. C’est un communicateur hors pair. Si on prend toute la classe politique, je ne pense pas qu’il puisse y avoir un homme comme lui sur l’histoire du Sénégal à part Senghor qui communiquait excellemment. C’est un modèle Post Senghor.

Comment jugez-vous la communication du régime, un an après installation ?
Il y a cacophonie, parce qu’il y a mélange des choses entre la communication présidentielle, la communication du Premier ministre et la communication gouvernementale. La communication du gouvernement est transversale, bien entendu puis qu’il y a plusieurs acteurs. Mais on ne peut pas la dissocier de celle du Premier ministre et de celle du Président, puisqu’il y a une mise en œuvre de la politique et des projets du Président qui est cascadé du Premier ministre jusqu’à ses différents ministères, qui sont des hommes politiques et pas des techniciens. En fait c’est assez complexe, et en même temps, ce n’est pas complexe. Le seul problème c’est qu’il y a certainement des politiques de communication, mais il n’y a pas de stratégie de communication. S’il n’y a pas de stratégie de communication , ça ne sert à rien de décliner une politique de communication qui ne sera pas mise en œuvre.

Est-ce à dire que la communication de ce régime n’est pas bonne ?
Il n’y a pas de communication pour qu’elle soit bonne ou pas. Il faudrait qu’il y ait une communication  mais il n’y a pas de communication. Il n’y a pas de ‘ guide line’. Le président ne communique pas, parce que pour communiquer, il faut avoir quelque chose sur quoi communiquer. Actuellement c’est vrai que ce qui occupe le pavé de la mare, c’est l’enrichissement illicite, mais ce n’est pas un programme. Par rapport au ‘Yoonu Yokkute’ qui est son programme. Beaucoup de sénégalais ne le connaissent pas, ils ne savent pas la subsistance qu’il y en a. Personnellement je ne le connais pas, parce que cela n’a jamais réellement été décliné.
 
Pourquoi, il y a ce défaut de communication selon vous ?
C’est parce qu’il y a un attelage. Pour la première fois, au Sénégal, on se retrouve avec un double attelage parce qu’il y a eu ‘Macky 2012’, ensuite il y a ‘Benno Bokk Yakaar’ (Bby), et cela pose forcément un problème. On est sorti d’une année électorale et on va vers une autre année électorale. . Et cette succession d’élection fait que, forcément, il y a une prudence d’un côté comme de l’autre.  Chacun tient l’autre par sa barbichette. Raison pour laquelle je dis que c’est une bonne chose de mettre les deux pieds dans le plat et que lui, Idy, il vienne communiquer politiquement par rapport à ce qui se passe. Ce bilan-là, il l’a fait. C’est son bilan qu’il a vu à partir de son miroir de ce qui a été ou n’a pas été fait. Mais jusqu’à preuve du contraire, personne parmi les leaders du ‘Bby’ n’a eu à lui donner la réplique. On a entendu ruer dans les brancards de petites cuillères, même pas les seconds couteaux. Mais ils ne boxent pas dans la même catégorie qu’Idy. La bonne réplique, elle devait venir des leaders des différents partis qui sont dans Bby et aussi du Président. Nous attendons le retour du Président et on verra ce qu’il va faire. Est-ce qu’il va conserver les ministres de ‘Rewmi’ ? Ou est ce qu’il va les expulser ? Je suppose que c’est une bonne stratégie. Idy ne les fera pas certainement démissionner de l’attelage présidentiel. Si vous avez une épouse adultère, vous n’attendrez pas qu’elle divorce, c’est à vous de la divorcer. Maintenant c’est à Macky de les virer et ils seront des victimes. Et ce sera une bonne chose pour sa stratégie longitudinale.

Etes-vous entrain de dire qu’Idrissa Seck cherche les voies et moyens d’être exclu de Bby ?
Je ne sais pas. Ce que je peux dire, c’est que dans les deux cas, il y a deux options : Ou il dit je me retire de l’attelage majoritaire, ce qui serait une erreur, ou il attend qu’on le vire. Ils seront certainement virés, tôt ou tard. Ceci étant dit, les choses vont en sa faveur. Il faut donner du temps au temps, mais quel que soit le cas de figure, je crois qu’il sera le gagnant.

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1.Posté par DIOUF le 29/03/2013 19:32
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